Automobile : vers des assurances à l’usage

Les nouveaux usages de la voiture refaçonnent les modèles d’assurance. Les assureurs et les startups passent la deuxième.

L’âge de l’accès : on y est !

Les usages des conducteurs évoluent fortement. Fini le temps où l’on achetait une voiture voire deux par foyer. Jeremy Rifkin l’avait prédit dès l’an 2000 dans son célèbre ouvrage L’Âge de l’accès : La Révolution de la nouvelle économie : nous quittons progressivement la vieille société de la propriété. Et cela s’illustre parfaitement avec l’automobile.

Les utilisateurs empruntent, partagent, louent un véhicule mais n’en font pas forcément l’acquisition ; cela est d’autant plus vrai chez les 18–34 ans qui, très souvent, n’en ont pas les moyens.

Et quand bien même, posséder une voiture ne signifie pas l’utiliser quotidiennement. L’assurance reste cependant une obligation en France, même pour un véhicule immobile. De même, le conducteur d’une voiture louée ou empruntée doit être couvert.

Toutes ces évolutions d’usage, impactent de fait les vieux modèles de l’Assurance Auto.

3 grandes tendances dans l’Assurance Auto

· L’assurance à la demande : Dans le cas de figure où, de manière tout à fait exceptionnelle, un conducteur loue une voiture ou propose un co-voiturage avec partage de la conduite, celui-ci doit pouvoir déclarer simplement sa situation d’usage en ligne pour couvrir son trajet.

· Pay-when-you-drive ou Pay-as-you-drive : Grâce à un système embarqué GPS, à un boîtier connecté autonome ou branché à la prise diagnostic du véhicule — le tarif mensuel sera recalculé en fonction de la consommation du conducteur (heure de conduite, distance et types de route empruntée). C’est la proposition qu’a faite la startup Wilov avec une offre comprenant un forfait fixe pour répondre aux obligations légales, auquel s’ajouté un tarif variable.

· Pay-how-you-drive : Sur le même principe, une application analyse les accélérations, freinages, respect des limitations de vitesse pour attribuer une note de conduite qui déterminera la cotisation d’assurance. Un système de bons points qui influence de fait la conduite…

Les startups spécialisées dans la télématique, la voiture connectée ou les applications GPS, telles que Oocar, Drust ou Waze, se rapprochent ainsi de plus en plus des assureurs.

En effet, la géolocalisation et la remontée d’informations permettent aux compagnies d’assurance d’améliorer leurs services d’assistance (déclenchement automatique d’alerte, localisation précise du véhicule sinistré) et de se diversifier dans la prévention (conseils de conduite).

Reste à convaincre les utilisateurs de fournir autant de données pour quelques euros. Pour cela la transparence est de mise : sur l’utilisation des données d’une part et sur les barèmes d’autre part… sans oublier la prise en compte du facteur malchance !